Mon bla bla

Gourou : Ce film qui m’a fait questionner ma posture d’accompagnante

Hier, je suis allée voir Gourou, avec Pierre Niney. Je ne m’attendais pas à ce que ce film me bouscule autant. Ce n’est pas seulement un film sur l’emprise. C’est un film sur l’influence, sur la quête de sens, sur le pouvoir des mots et sur la responsabilité de ceux qui accompagnent.
Et à un moment, j’ai été déstabilisée.


Quand les mots résonnent trop

Au début du film, j’ai entendu des phrases que j’utilise moi-même :

  • “Écoute ton corps.”
  • “Reconnecte-toi à toi.”
  • “Tu as les réponses en toi.”

Et je me suis surprise à penser : “Est-ce que ce que je dis peut être perçu comme sectaire ?”
Ce moment a été inconfortable.
Parce que j’ai déjà vécu l’emprise. Je sais ce que cela fait de ne plus être maître de ses décisions. Je sais ce que cela fait de perdre son discernement.
Et il est hors de question pour moi de reproduire cela.


Influence ou manipulation ?

Ce film m’a obligée à revisiter une question essentielle : Quelle est la différence entre accompagner… et manipuler ?
Les mots influencent. La musique influence. L’énergie d’un groupe influence. C’est une réalité.
Mais la manipulation commence là où la liberté s’arrête.
Quand le “non” devient difficile. Quand le doute est disqualifié. Quand le guide devient indispensable.

Dans ma pratique, ce qui compte profondément pour moi, c’est ceci :

  • La personne reste décisionnaire.
  • Elle questionne.
  • Elle est libre de ses choix et de ses actes

Je ne fais que proposer, être aux côtés. Je ne détiens ni la vérité absolue, ni la “bonne réponse”.


La question de la légitimité

Le film aborde aussi la question des formations en développement personnel.
Et cela m’a confrontée à une autre peur : Pourquoi me faire confiance à moi ?
Je ne remplace pas un psy. Je ne soigne pas des pathologies. Je n’analyse pas des troubles.

J’accompagne des femmes qui vont bien, mais qui veulent aller plus loin :

  • se comprendre
  • se reconnecter à leur corps
  • traverser leurs blocages
  • retrouver de l’alignement

Et surtout : je ne transmets que ce que j’ai vécu, intégré et transformé en moi.

Je me suis formée, j’ai analysé, j’ai compris, j’ai vécu, j’ai remis en question, j’ai pris du recul, … Je partage une expérience incarnée.


L’intensité et le libre arbitre

J’ai aussi reconnu dans le film une référence à la Tony Robbins : la musique forte, la foule, l’intensité collective.

L’intensité peut court-circuiter le discernement et c’est puissant.

C’est là que j’ai compris quelque chose d’important sur ma propre posture :

Je ne veux pas créer des pics émotionnels dont on devient dépendant. Je veux transmettre un outil que l’on peut utiliser seule, chez soi, dans le quotidien.

La danse intuitive que je propose n’est pas un show. C’est un espace.

  • Où tu es libre de tes mouvements
  • Où tu es libre de t’exprimer
  • À ton rythme.
  • Sans pression et sans obligation
  • Avec un cadre sécuritaire pour tous

La transformation ne naît pas de la pression. Elle naît de la sécurité.


La “meilleure version de soi” : une illusion dangereuse

Le film montre aussi cette quête permanente de la “meilleure version de soi”.
Cette idée que :

  • nous serions notre propre ennemi
  • nous devrions être toujours plus forts
  • toujours au-dessus de nos émotions

Pour moi, c’est une aberration. Le coaching n’est pas là pour supprimer nos parts fragiles. Il n’est pas là pour fabriquer une version optimisée de nous-mêmes. Il est là pour comprendre :

  • d’où nous venons
  • pourquoi nous réagissons comme ceci ou comme cela
  • comment poser nos limites
  • comment faire des choix conscients

Mais aussi — et surtout — pour accueillir :

  • nos zones d’ombre
  • nos fragilités
  • nos peurs
  • nos émotions
  • nos saisons intérieures

Être adulte, ce n’est pas être toujours bien et heureux. C’est savoir surfer avec toutes nos émotions. Avec le quotidien. Avec les autres. Avec les cycles de la vie. On ne cherche pas à devenir invincible. On apprend à devenir vivant.


Ce que ce film m’a appris

Finalement, ce film a clarifié ma posture. Il m’a rappelé que guider implique une responsabilité immense. Que l’influence est inévitable. Mais que l’intention et le cadre changent tout.
Aujourd’hui, ma boussole est encore plus claire : Je suis là pour que les femmes se rencontrent. Je veux qu’elles repartent en se disant : “Je me suis retrouvée.”

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