Mon bla bla

L’éclipse du 12 août 2026 ou le goût de la dernière fois

Je ne t’apprends rien, hier, mercredi 12 août 2026, avait lieu une éclipse solaire.

Mon amie la Lune est venue faire un petit coucou entre le Soleil et la Terre. Au-delà de ce spectacle qu’offre la nature, cette éclipse m’a profondément plongée dans une période d’introspection.

Je me souviens de ma première éclipse solaire, en 1999. Dans le jardin de la maison de mes parents, mon frère, ma sœur, moi et mon chat étions installés sur une chaise longue à contempler le ciel. Un souvenir que je chéris.

Et j’ai pensé à cette éclipse, celle de 2026. Sans mon frère. Sans ma sœur. Sans mes parents.
Le même événement, mais pas le même endroit ni les mêmes personnes.

Et cela m’a fait penser à tous ces endroits où j’allais, seule ou avec des proches et où je ne vais plus.
En pensant à cela, une question m’est venue : Tiens… c’était quand, la dernière fois ?

La dernière fois où j’ai vu un ami. La dernière fois où j’ai mangé ce plat. La dernière fois où je suis allée à l’école. La dernière fois que j’ai joué avec ce jouet. La dernière fois que… Toutes ces dernières fois dont je n’avais pas conscience. Que je n’imaginais pas être les dernières.

Et cette éclipse-là, elle aussi, est une dernière fois.

Je me suis alors demandé s’il y avait eu des dernières fois dont j’avais eu conscience. Et surtout, ce que cela avait changé pour moi.
Finalement, il y en a peu dont je me souviens enfant ou adolescente. Toutes les dernières fois vécues avec conscience semblent être arrivées à l’âge adulte : la dernière fois dans un travail, la dernière fois dans un logement, la dernière fois à un mariage, …
Des dernières fois principales, programmées, choisies, qui engendrent plein de petites dernières fois : la dernière réunion, la dernière baguette à la boulangerie du coin, le dernier café de la machine…

Et qu’est-ce que cela change de le savoir ou non ?

J’ai l’impression que lorsque j’ai conscience d’une dernière fois, je la savoure davantage. Je me concentre sur mes ressentis, comme si je voulais imprimer ce moment en moi pour m’en souvenir. Je suis plus attentive aux détails : les odeurs, la lumière, la météo…
Je regarde ce qui m’entoure comme pour photographier la scène. La figer dans ma mémoire. Dans mon corps.

Alors cette éclipse, cette dernière, j’ai voulu la graver.
J’ai choisi un spot. J’ai organisé un pique-nique, un jeu, une sortie à vélo… J’ai pris des photos. J’ai senti l’odeur des fins de journée d’été. J’ai contemplé les couleurs du ciel. J’ai savouré chaque instant comme si c’était la dernière.
Et j’ai adoré.

Puis, sur mon vélo, une autre série de questions est arrivée.
Est-ce que je savoure plus ? Est-ce que cela reste naturel ou est-ce que je force un peu les choses ? Pourquoi je ne porte pas la même attention à toute ma vie ? Est-ce que j’ai suffisamment profité des dernières fois dont je ne me souviens pas ?

Je n’ai pas de réponse à ces questions.

Ce que je ressens, c’est qu’on ne peut pas vivre chaque instant comme si c’était le dernier. Ce serait épuisant. Je finirais par vouloir tout retenir, tout analyser, tout contrôler… et je passerais peut-être à côté de ce que je suis en train de vivre.

Finalement, cette éclipse m’a laissé une chose : Bordel, j’ai envie de vivre.
Je n’ai plus envie de m’empêcher de faire quelque chose par peur, par doute ou parce que j’attends le bon moment.
Je veux ressentir. Essayer. Danser. Dire oui quand ça résonne. Dire non quand c’est juste.
Parce que peut-être que c’est la dernière fois.
Et au fond, je ne veux pas attendre de le savoir pour le savourer pleinement.

Et toi, cette éclipse, qu’est-ce qu’elle t’a apporté ?

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